Entretien avec Anthony Hamelle : dynamique d’opinion et d’influence sur le web

Bonjour Anthony, peux-tu nous en dire plus sur toi et sur Linkfluence ?

Après des études en droit, qui mènent à tout comme le veut l'adage, j'ai suivi un parcours dans l'univers du lobbying et de la communication corporate puis dans celui des études marketing et opinion, en tant que chargé d'études puis responsable de département. Je suis depuis près de deux ans directeur général délégué de linkfluence, institut d’études marketing et opinion 2.0. Linkfluence est affilié à rtgi, éditeur de solutions technologiques d’analyse des univers sociaux et nouveaux médias. linkfluence a développé des technologies et des approches originales et adaptées aux nouvelles règles qui gouvernent la formation des opinions et les dynamiques sociales.

Avec des bureaux en France, aux Etats-Unis et en Allemagne, linkfluence dispose d’équipes d’études expérimentées mobilisant des méthodologies de segmentation (cartographie des groupes,communautés et espaces sociaux), d’écoute (sélection et échantillonnage des messages selon des principes d’influence sociale, après stratification par groupe), d’observation (netnographie pour l’analyse des opinions spontanées, e-ethnographie pour l’analyse), de codage et d’analyse pour répondre aux questions de ses clients et les aider ainsi à :
– Innover et développer des produits améliorant l’expérience-consommateur ;
– Optimiser leurs stratégies marketing & communication ;
– Être à l’écoute de leurs publics et intégrer leur feedback permanent.

Je sais bien que le sujet est vaste mais peux-tu nous donner quelques éléments explicatifs pour mieux comprendre les dynamiques d’opinion sur le web social ?

D’une économie de la diffusion, caractérisée par un faible nombre d’acteurs dans le débat public et, en corollaire, par un faible nombre de stimuli et de flux d’information, nous sommes entrés dans une économie de l’attention. Dans ce cadre, les individus, citoyens ou consommateurs, peuvent devenir acteur du débat public, discuter et s’influencer entre eux ou encore dialoguer avec les marques et les institutions ; ils sont ainsi soumis à un nombre toujours croissant d’informations et stimuli et peuvent paraître de plus en plus difficiles à trouver et à comprendre. Cette évolution nous impose de bien voir l’organisation sociale des individus et la manière, plus horizontale et décentralisée, dont ils consomment l’information et forment leurs opinions.

En d'autres termes, il faut bien voir les différents groupes et communautés qui coexistent – sans forcément échanger – sur le web social et appréhender les dynamiques d'opinion à travers leur filtre : Où une information apparaît-elle ? Par quels chemins et à quelle vitesse voyage-t-elle ? Comment évolue-t-elle à mesure qu'elle voyage dans des groupes sociaux différents ? Au sein de chaque groupe, quels sont les blogueurs ou internautes ayant le plus relayé l'information ou ayant le plus modifié l'opinion de leurs pairs ? Etc.

Créer du buzz implique d’identifier des « influenceurs » pertinents pour sa marque. Quelle est la bonne démarche ?

Il faut tout d'abord revenir aux fondamentaux du marketing. Une marque s'adresse toujours à des catégories de population, que l'on appelle également segments, bien précis. Une fois ces segments bien délimités et identifiés, selon des critères socio-démographiques (âge, genre, profession, niveau de revenus, etc.) ou liés à des modes de vie (produits consommés, types de médias regardés, écoutés ou lus, etc.), une marque tentera autant que faire se peut de se faire connaître sous un jour donné (par exemple une marque de cosmétiques sous l'angle de la relaxation au naturel) par le plus grand nombre d'individus au sein du segment.

Aussi, il convient d'abord de délimiter sur le web, comme ailleurs, les segments avec lesquels on souhaite communiquer et d'identifier les zones et espaces au sein desquels ils se regroupent pour échanger. Une fois ce travail de délimitation effectué, on peut alors identifier les "influenceurs" de chaque segment car si l'influence existe sur le web, elle est toujours localisée et circonscrite à certains groupes ou espaces. Il s'agit enfin de ne pas oublier la règle d'or : écouter les groupes avec qui l'on veut communiquer afin de leur proposer des contenus s'insérant dans leur sphère d'intérêt !

Une amie m’a récemment demandé comment on mesurait l’influence réelle d’un blogueur. Peux-tu m’aider à lui répondre 😉 ?

L'influence ne se laisse pas facilement quantifier. C'est un savant mélange de liens (hypertextes et sociaux avec des personnes s'intéressant aux mêmes sujets sur le web), d'activité, de reconnaissance au sein d'un groupe et d'interdépendance avec les autres membres du groupe. L'influence d'un individu au sein d'un groupe social, sur le web comme ailleurs, c'est l'attachement de celui-ci aux autres membres de son groupe et vice-versa…

En tant que membre officiel de la tribu BTB, qu’as-tu choisi comme nom indien ?

Chouette sur sa branche, car comme elle j'observe et j'écoute attentivement depuis ma branche des études 😉

Pour les prochaines interviews des intervenants Buzz The Brand, n'hésitez pas à me proposer vos questions !

Vanessa aka Eté Chantant

2 réponses à Entretien avec Anthony Hamelle : dynamique d’opinion et d’influence sur le web

  1. anham dit :

    Merci à Eté Chantant pour ses très bonnes questions !
    Chouette sur sa branche (aussi connu sous le nom d’Anthony Hamelle)

  2. La technologie et la savoir-faire de LINKFLUENCE sont impressionnants et fort utiles dans la stratégie des diffusion, mais aussi pour le monitoring.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Protected by WP Anti Spam